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11 août 2003

Enjeux démographiques : Fantasmes natalistes ou politique d'immigration ?

 


Sommaire


 

La question démographique occupe une place particulière dans le débat politique. Elle s’accompagne d’affirmation péremptoires et d’une pauvreté d’argumentation stupéfiante. Il semblerait que ce thème mobilise tant d’arrière-pensées et de fausses évidences que toute discussion soit impossible.

Or toute politique alternative suppose une certaine clarté sur cette question –ou plutôt ces questions : Quelles conséquences attendre du vieillissement de la population ? Faut-il mener une politique nataliste ? Freiner ou encourager l’immigration ?

-    Pour les traditionalistes, le vieillissement de la population est intrinsèquement mauvais, il affaiblit la nation. Comme l’immigration est difficilement assimilable, il faut la freiner, voire la stopper complètement et encourager par tous les moyens la reprise de la natalité.

- Pour les gauchistes libéraux, le laisser-faire est de mise : indifférence à la natalité, et pleine liberté de migrer.

- Pour le magma libéral, un mélange instable des deux points de vue : la fiscalité et les aides sociales encouragent la natalité que la politique économique décourage, tandis que lois et règlement bloquent l’immigration qui fleurit « clandestinement » grâce au laxisme policier.

Nous voudrions ci-après faire valoir un autre point de vue, dégagé des automatismes idéologiques habituels qui associent « droite » et natalisme, d’une part, « gauche » et laxisme, d’autre part.

Le mythe nataliste

Le natalisme est une idéologie curieuse, dans la mesure où elle échappe à toute rationalité. S’agit-il d’une résurgence religieuse ? Du camouflage de la haine de l’immigration ? Du contrecoup d’un regret face à la déliquescence de l’institution familiale ? Sans doute de telles motivations se mêlent-elle dans ce qu’il faut bien appeler un fantasme idéologique, qui connaît un certain regain de faveur en réaction à l’individualisme et au consumérisme de la classe dominante. C’est pour cette dernière raison que cette vieille lune mérite d’être critiquée en dépit de son faible contenu intellectuel.

Il semble que le natalisme s’articule autour de quatre arguments. Nous tirerons les trois premiers d’un article récent [1] d’Alain Cotta [2] .

Vers un déclin démographique ?

( « dans tous les pays européens, la baisse du taux de natalité, celle du taux de reproduction net provoqueront à coup sûr une baisse de la population totale…» )

FAUX ! D’une part le niveau présent du taux de natalité de la population en place n’est pas extrapolable, mais surtout l’auteur oublie… l’immigration. Pourquoi ? Peut-être l’idée lui en semble-t-elle si incongrue qu’il néglige de la mentionner. Et pourtant, malgré une législation ultra-restrictive (sur le papier en tout cas) les flux ne se tarissent pas. Laissant la moitié de la planète sans espoir de développement ni de stabilisation démographique, le libéralisme génère des flux permanents de population vers les pays riches. Toute prévision sérieuse doit tenir compte de la poursuite de ces migrations qui excluent dans les décennies à venir l'hypothèse d’une « baisse de la population totale » - à moins du suicide économique et culturel de l’Europe que constituerait une politique imbécile de fermeture des frontières. Nous y reviendrons.

Le poids du quatrième âge ?

( « …la montée impressionnante d'un quatrième âge (+ 75 ans) en situation de dépendance physique et psychologique. » )

FAUX ! L’allongement de l’espérance de vie s’accompagne, fort heureusement, de l’amélioration de l’état de santé à un âge donné. Aujourd'hui, et plus encore en 2020, la plupart des personnes de 75 ans seront en pleine possession de leurs moyens. Les centenaires seront certes souvent dépendants, mais ni plus ni moins qu'à 70 ans dans les générations passées.

Plus généralement, les variables sanitaires et comportementales ne dépendent que très partiellement de l’âge. La « dépendance psychologique » renvoie par exemple à la dilution des liens familiaux, qui entraîne l’isolement des personnes âgées (et pas seulement de ces dernières). C’est un vrai problème, mais très différent de celui de la structure des classes d’âge. Faut-il se satisfaire d’un modèle social ou les aléas de l’existence entraînent le rejet dans des institutions spécialisées des vieillards, malades, etc. ? Très curieusement, cet argument sur le « poids » des personnes âgées rejoint le « jeunisme » de la pensée unique, l’obsession de « compétitivité » dans tous les domaines de la vie sociale, et le rejet des solidarités familiales – qui pourtant devraient sembler indispensables d’un point de vue nataliste…

Ne faudrait-il pas plutôt réfléchir au rôle social des personnes âgées, dans l’architecture des liens familiaux, les services rendus à la parenté, la garde des enfants, la transmission de l’expérience … ?

Quoi qu’il en soit, la montée du « quatrième âge » n’a guère de sens, puisque ces personnes ne sont pas moins valides que celle de 10 ou 20 ans de moins naguères.

Il est vrai que l’arrivée dans cette zone des classes d’âge nombreuses accroîtra automatiquement leur poids dans la société. Reste à prouver que ce serait dommageable !

La démographie contre l'investissement ?

« Toute population déclinante pèse sur l'investissement »

Il est exact que le déclin de la population réduirait l’incitation à investir, vu la saturation du parc immobilier et la stagnation du marché. Mais nous avons vu que rien n’augure un tel déclin. Et l'investissement dépend plus fondamentalement du progrès technique et des opportunités qu'il offre aux entreprises. Par ailleurs, même dans l'hypothèse démographique la plus défavorable, il existe des moyens de stimuler l'investissement (investissement public…), ou de réduire les conséquences dommageables de sa faiblesse, par exemple en réduisant l’épargne. Mais justement, nous dit A. Cotta, le vieillissement « met en cause la consommation, sacrifiée à l'épargne»

Or une telle relation (vieillissement à épargne) est douteuse. D’autres auteurs associent d'ailleurs le troisième âge à une phase de désépargne, alors que les jeunes actifs épargneraient massivement pour se constituer un patrimoine. Certes, les personnes âgées sont souvent économes car socialisées dans une période de restrictions, et de toutes façons habituées à un moindre standard de consommation que les jeunes générations. Mais ces comportements se modifient. Les rapports entre les deux variables dépendent donc de la culture et des institutions, on ne peut leur affecter aucune "loi" générale.

L’épargne des ménages, de plus, est sensible à d’autres facteurs comme la répartition des revenus. L’inégalité croissante de ceux-ci accroît la part de ceux qui peuvent facilement épargner.

Enfin, c’est un lieu commun infondé que de confondre « épargne » à l’échelle macroéconomique et épargne des ménages. L’essentiel de l’épargne macroéconomique est constituée par les profits des entreprises, qui dépendent de la dynamique des salaires, de l'investissement et de l’innovation.

Si notre société connaît un « excès d’épargne », il renvoie à la peur de l’avenir, au partage de la valeur ajoutée excessivement favorable aux profits, et à l’inégalité des revenus. Ni l'investissement, ni l'épargne, ne dépendent fondamentalement du "vieillissement".

Un vieillissement des comportements ?

Terminons-en par un argument fréquent sous la plume des natalistes : le vieillissement pèserait sur le dynamisme de la population active. Cette assimilation de la jeunesse au dynamisme et à l’innovation ne s’appuie sur aucune démonstration. En phase sur ce point avec le « jeunisme » à la mode, les natalistes confondent dynamique économique et dynamisme (?) des individus. Ils transforment les complexes mécanismes de la croissance économique en une simple qualité individuelle, supposée décliner avec l’âge.

Cette dépréciation de l’âge renvoie plus à un travers culturel de notre société qu’à une prétendue incapacité du troisième (ou quatrième) âge à s’adapter [3]. Dans notre système socio-économique, la formation continue est plus coûteuse pour les entreprises que le recrutement de jeunes diplômés, et la mobilité géographique des jeunes est une précieuse source de « flexibilité ». Mais ce sont là des travers d’un capitalisme mal régulé, un contexte particulier (et « toxique » pour tous), et non de données éternelles de l’économie. Le capitalisme d’ailleurs n’est jamais plus « dynamique » que pour surmonter les rigidités que lui impose la société. C’est lorsque le libéralisme le délivre de ses contraintes qu’il devient exploiteur et spéculateur.

L’examen du monde actuel corrobore-t-il la croyance dans la supériorité des populations jeunes ? La Chine et la Corée vieillissantes demeurent la zone la plus dynamique de l’économie mondiale, et l’explosion démographique africaine, ou même les démographies encore vives du reste du Tiers-Monde, ne paraissent guère lui profiter ! Quant aux États-Unis, leurs dynamismes économique et démographique ne se combinent que par l’immigration. Et faut-il rappeler qu'en France l'arrivée à l'âge actif des "baby-boomers" coïncide avec le tournant rentier et européiste, dans les années 70-80 ? Ces exemples ne prétendent pas illustrer un déterminisme démographique inverse à celui des natalistes : ils montrent seulement que cette variable n'est pas déterminante et ne nous aide en rien à comprendre le monde où nous vivons ni à agir sur lui.

L’avenir de l’immigration

Le recroquevillement maastrichtien

Nous avons déjà noté qu’un fondement implicite du natalisme est la crainte de l’immigration. Souvent informulée cette crainte s’appuie sur la crise sociale des 20 dernières années. Ses présupposés sont parfois proprement racistes (l'existence de populations "inassimilables"), mais souvent elle ne se fonde que sur un manque de confiance dans la capacité assimilatrice de notre société. Face à la crise du lien social, nous devrions nous calfeutrer bien "entre nous" ; les difficultés économiques et les frustrations sociales nous interdiraient la poursuite d’une politique d’immigration. Or c’est là une grossière inversion des causes et des conséquences : tout au contraire, c'est la stagnation économique produite par le libéralisme et l’européisme qui crée la concurrence de tous contre tous et le sous-emploi générateur d’anomie et de délinquance. En période de blocage économique l’immigration apparaît comme une dangereuse concurrence sur le marché du travail et une source de charges pour les dépenses publiques. Ceci uniquement parce que les politiques libérales maintiennent un chômage de masse qui crée l’illusion d’un « excès » de main-d'œuvre, et imposent une artificielle austérité budgétaire.

Les enfants d’immigrés comme le vivier des électeurs lepénistes sont au cœur de cette crise sociale : ils y réagissent parfois (mais pas t oujours [4] ) par le repli communautariste [5] .

À l’inverse, une politique de croissance ouvrirait des perspectives de dépassement par le haut de ces tensions et assècherait les sources de l’économie parallèle. Les conditions historiques présentes nous offrent l’occasion de profiter des synergies entre croissance économique et immigration – comme le font les États-Unis et le Canada, mais à l’inverse du recroquevillement de l’Europe maastrichtienne.

L'immigration inévitable

Prenons un peu de recul par rapport à la conjoncture européenne : l’explosion de la population mondiale compromet l’écosystème et le développement économique du Tiers Monde. De bonnes âmes rétorqueront que les prévisions alarmistes, de Malthus au club de Rome, ne se sont jamais vérifiées. Le progrès technique a toujours jusqu’à présent fourni les ressources nécessaires pour accompagner l’accroissement de la population. C’est vrai, mais ne résulte d’aucun mécanisme intangible. Rien n’assure que la bonne fortune du passé se répète éternellement, et que nous ne nous heurtions pas un jour bel et bien à l’épuisement des ressources.

Négliger ce risque et mener campagne pour accroître la natalité sur notre petit bout de la planète témoigne d’une fâcheuse étroitesse de vue [6] .

Tôt ou tard, à défaut de conquérir le reste de l’univers, nous devrons nous résoudre à une démographie stable ou déclinante – et adapter nos institutions économiques à ce contexte.

Cependant, nous n’en sommes pas là et le problème de décennies à venir en Europe serait plutôt celui de la gestion des flux migratoires.

L'immigration nécessaire

L’européisme s’est accompagné du freinage de l’immigration. La priorité était la monnaie, la rente, pour lesquelles la croissance économique est plutôt un obstacle. Cette politique empêche l’ajustement économique « normal » : des activités adaptées à cette main-d'œuvre nouvelle se créeraient [7] , et la population en place retrouverait une mobilité professionnelle ascendante, puisque les postes les moins valorisés seraient occupés par les migrants ; l’accroissement démographique stimulerait le bâtiment, les infrastructures, etc.

Dans ce mouvement d’ensemble, les crispations racistes ou identitaires se résorberaient plus facilement ; l’intérêt économique des trafics, du travail au noir et de la délinquance diminueraient mécaniquement. Quant aux dépenses publiques, l’augmentation de l’assiette fiscale assurerait leur soutenabilité.

Par ailleurs, ces flux migratoires profiteraient aux pays de départ par deux canaux : un léger soulagement démographique en premier lieu, et dans un second temps des flux économiques soutenus, mouvements de revenus, de marchandises, de savoir-faire, générés par les migrants. Très logiquement, le blocage de l’immigration en France s’est accompagné du déclin de la coopération [8]. L’Europe a remplacé la francophonie dans l’imaginaire des élites, alors que le co-développement avec l’Afrique et l’Indochine offrait des opportunités historiques à la France. Si l’Amérique a trouvé sa place dans le développement économique de l’Asie de l’Est, c’est en grande partie grâce à la diaspora sino-vietnamienne qui établit un « pont » entre les cultures. Songe-t-on aux immenses opportunités du développement de la francophonie pour la France ? Le développement de ces zones profiterait à tous, et l’immigration serait un vecteur privilégié de transmettre les capitaux et les savoir-faire. Qui mieux que des entrepreneurs ou des ingénieurs bi-nationaux pourrait organiser la synergie de ces zones ?

Ce tableau de l’immigration peut sembler un peu « idyllique », mais il ne fait que récapituler le bilan des migrations passées, qui a stimulé le décollage de l’Europe du sud tout comme la croissance de l’Europe du Nord, c’est ce qui se passe - hélas à petite échelle encore - dans beaucoup de pays en développement et dans les zones dynamiques des pays développés.

Quelle politique d'immigration ?

Ces cercles vertueux supposent cependant des conditions politiques précises.

  • D’abord la stimulation de politiques de croissance : rien de bon ne pourra être construit dans l’actuel carcan européen, on ne le répètera jamais assez.
  • Ensuite une politique migratoire consciente et volontariste :

- Limiter le drainage des « cerveaux » du Tiers Monde – la tentation est forte chez les entreprises françaises de recruter des diplômés bon marché, avec pour double effet d’annihiler les efforts de formation de ces gouvernements, et d’aggraver la dévalorisation des diplômes en France et les frustrations qui en découlent ;

- Répartir les flux au moyen de quotas par pays de manière à éviter l’excessive concentration de telle ou telle population et de maintenir le rythme des entrées à un niveau compatible avec leur absorption économique dans de bonnes conditions ;

- Faciliter le regroupement familial : puisque la perspective est bien l'intégration de populations d'origines diverses dans le creuset de notre Nation, il s'agit se stabiliser et de faciliter l'adaptation des immigrants. Les précédentes vagues d'immigration ne se sont fondues que progressivement dans la population, souvent après une ou deux générations. Entre temps, le réseau familial et "communautaire [9]" constitue une sorte de "sas" qui atténue le choc de l’acculturation, assure sociabilité et solidarité.

  • Enfin, l'accueil des migrants est indissociable de la refondation de l'idée nationale. Rejoindre la France doit constituer une adhésion explicite au projet culturel, social et politique qui la constitue ; et l'accueil arrivants doit être l'objet d'une ambitieuse politique d'intégration : redonner à l’école son rôle d’inculcation des valeurs républicaines, assurer un "suivi civique" des nouveaux citoyens, redonner solennité à l'acte de naturalisation (devenir français n'est pas un "droit de l'homme" mais la sanction d'une démarche positive de participation à l'oeuvre commune), etc.

 

 

Les questions démo graphiques méritent donc une ample réflexion. Se dégager des fantasmes natalistes est une nécessité pour développer une réflexion et un programme politique sur ces questions. Construire une alternative républicaine à la Pensée Unique libérale suppose de se dégager des radotages de la droite conservatrice du siècle dernier. Indépendamment des fluctuations de la natalité, le défi du nouveau siècle est la croissance économique et le co-développement avec le Tiers Monde. La politique migratoire est dans cette perspective une dimension essentielle du projet républicain à construire.

 


[1] Source : Le Figaro du 29/07/2003, « Un continent de rentiers ».

[2] La pensée de cet auteur est souvent claire et pertinente et sa critique du déclin de l’Europe rentière est proche de la nôtre. Qu’une réflexion de qualité se discrédite avec ces vieilles lunes natalistes en dit long sur leur caractère pernicieux.

[3] Cette impératif d'"adaptation" découle d'ailleurs de l'idéologie libérale et désocialisatrice : les individus sont sommés de se conformer aux besoins de l'appareil économique, ces derniers agissant aveuglement sur le modèle de forces de la nature. Ces besoins sont cependant toujours présumés porter un progrès : l'ancien est forcément archaïque, l'expérience toujours dépassée, et les "vieux", c'est-à-dire ceux qui restent porteurs de règles et d'enracinement "passés", sont inévitablement "ringards".

[4] Cf. sur ce point la contribution de Terouga : dés-intégration

[5] Cette explication de la crise sociale ne constitue EN RIEN une « excuse » pour les comportements antisociaux. La gauche bourgeoise comme sa critique superficielle confondent explication et excuse. Sous-emploi, racisme, etc. devraient exclure les « jeunes de banlieues » de l’application de la loi, ou à l’inverse devraient être purement et simplement niés. De notre point de vue, la répression des actes antisociaux est une CONDITION de l’intégration. C’est la « tolèrance » hypocrite de la gauche bourgeoise qui renforce les bandes et les pseudo « communautés » et attise en retour l’exaspération des populations des « banlieues ».

[6] L’écologisme politique a malheureusement pollué la réflexion sur le renouvellement des ressources, avec des considérations obscurantistes (culte de la nature en tant que telle), environnementalistes bourgeoises (des pistes cyclables pour jeunes cadres et tant pis pour les banlieusards) et un acharnement libéral-bureaucratique (de la défense de Maastricht au soutien aux directives bruxelloises). Mais au-delà de cette confusion politicienne, l'écologie constitue probablement un problème majeure, technologique et économique, pour les décennies à venir.

[7] Signalons de ce point de vue l’organisation désastreuse des aides sociales en France, qui constituent une monumentale prime au travail clandestin. Un revenu minimum se cumulant au revenus d’activité (et non s’y substituant comme c’est le cas actuellement) serait un premier pas pour sortir de l’immense machine à frauder que constitue le système actuel.

[8] La politique gaulliste de coopération ne constituait certes pas un modèle : interventions impérialistes de défense des intérêts coloniaux et des compagnies minières ou pétrolières, soutien aveugle à des régimes corrompus etc. Mais il n'en reste pas moins que la Francophonie demeure une réalité culturelle et géopolitique, et que plus généralement un capitalisme "éclairé" aurait tout à gagner au couplage des économies européennes et du monde en développement.

[9] Pour ceux qui en douteraient : "Communauté" ne signifie pas "communautarisme". Il est normal et utile que des personnes unies par une même origine nationale, l'héritage d'une culture particulière ou une religion, entretiennent des sympathies particulières au sein de la Nation. Le communautarisme commence lorsque  l'on prétend substituer les règles communautaires à celle de la Nation, que l'appartenance communautaire devient primordiale par rapport au "vivre ensemble" de tous les citoyens.

09:09 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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