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01 mars 2009

Réinventer la Gauche

 

La crise économique mondiale ébranle les politiques néolibérales appliquées depuis 30 ans.  La  croissance par l'endettement s'effondre dans le krach depuis longtemps annoncé. Le capital financier implose, semant la panique dans la classe dominante, et menaçant de déstabiliser un peu plus les salariés, victimes du néolibéralisme depuis trente ans. Dans ce contexte, de profondes recompositions politiques sont probables, et les nouveaux enjeux seront autant d'occasion de mobilisation sociale de la part d'une population excédée par la précarité, la baisse du pouvoir d'achat et l'explosion des inégalités. Ces dernières décennies ont « alterné » des gouvernements de gauche et de droite autour d'une seule et même politique ultralibérale.  Le séisme financier peut marquer la fin de l'immobilisme politique, et représente une chance historique de réorienter la civilisation. Mais en même temps le risque qu'émergent du désespoir des « solutions » encore plus destructives que celles que nous avons connues. La responsabilité du politique est donc immense dans cette époque charnière.

La gauche s'est longtemps identifiée à la résistance populaire contre les ravages du capitalisme « sauvage » et reste en partie marquée par cette image en dépit de sa participation active aux réformes néolibérales. C'est sans doute dans sa constellation militante et à partir de sa tradition que peut se construire une alternative politique. Mais tant sur le plan programmatique que de la capacité à fédérer un bloc majoritaire elle sort épuisée et discréditée de ses années d'accompagnement du néolibéralisme.

L'objet de cet article est d'analyser l'impasse de cette « gauche » et par là même de suggérer une orientation différente.

I.            Les contradictions culturelles de la Gauche

Les ingrédients de la culture de Gauche

Le discours de la « gauche » établie, qui l'unifie culturellement du PS au NPA, est un produit historique complexe dont nous nous contenterons ici de mentionner qu'il résulte de la puissante pression d'une idéologie dominante enracinée dans les conditions modernes de l'extraction du profit sur des mouvements de contestation isolés depuis une quarantaine d'année de l'ensemble du salariat.

Cette culture « de gauche » façonne la réflexion de générations militantes, elle s'impose comme une donnée structurelle du champ politique. Elle n'est pour autant ni naturelle ni éternelle. Sa persistance apparemment à l'identique masque son décalage croissant avec la dynamique des conflits de classes sous-jacents.  Elle obstrue la construction d'une alternative politique à l'ultralibéralisme. Pétrie de contradictions internes, elle est impuissante à le contester globalement et surtout à unifier le salariat autour d'un projet alternatif.

Elle mêle dans des proportions variables trois ingrédients : souverainisme économique, libéralisme sociétal et compassionalisme.

Le souverainisme économique[1] considère que l'économie n'est pas une force extérieure au politique, ses objectifs et sa régulation doivent être restitués au choix démocratique. Plus ou moins conséquente, cette approche rejoint en tous cas les racines historiques et de la gauche et la base sociologique qu'elle revendique.

L'ultralibéralisme sociétal se résume par l'extension de principes libéraux à toute la vie sociale : les institutions  sont assimilées à une contrainte sur des individus à « libérer » de multiples oppressions : familiales, nationale (immigration...), scolaires, etc.  Ce second principe s'oppose ontologiquement au premier. Pourquoi les mœurs et l'économie relèveraient-elles de principes à ce point antagoniques ? Est-ce la marque d'une petite bourgeoisie intellectuelle revendiquant son appartenance à la « modernité » bourgeoise tout en protestant contre la loi d'airain qui la nivelle au rang d'un prolétariat culturellement « réactionnaire » ? En tout cas, cette contradiction porte en germe l'éclatement perpétuel des mouvements de gauche en direction du libéralisme intégral.

Sous couvert d'une attention généreuse aux « plus démunis », le compassionalisme est une ancienne stratégie réactionnaire de constitution d'une « alliance de classe » entre dominants et marginaux contre la classe moyenne. Les « Tories » anglais du XIXe siècle, proche de l'aristocratie, prétendaient défendre les ouvriers contre les entrepreneurs bourgeois. Fascistes et nazis en appelaient aux « exclus » contre les mouvements ouvriers organisés. L'oligarchie aux affaires aujourd'hui voue des trésors de compassion aux minorités de toutes sortes, ou plus généralement à toutes les « causes » qui laissent intacte la domination économique : immigrés, minorités sexuelles ou « ethniques »,  RMIstes, SDF, etc.  Cette approche rejoint parfois l'ultralibéralisme (les « droits » de telle ou telle catégorie), ou tend à l'assistanat perpétuel (les « minima sociaux »...).

Une certaine extrême-gauche fait son fond de commerce de la surenchère sur ces deux derniers terrains, ce qui lui vaut la bienveillance des medias et le confort d'une posture « révolutionnaire » au final peu compromettante. Le mouvement spontané du capitalisme généralise les principes ultralibéraux ; l'éclatement de la société et des classes en individus « libérés » forme la société de producteurs et de consommateurs intégrés par le seul marché qui convient à l'utopie bourgeoise. Le compassionalisme joue le double rôle de dénonciation de diverses « oppressions » périphériques et d'atténuer les détresses sociales les plus extrêmes, constituant ainsi une précieuse légitimation du système contre la masse des salariés.

La liberté comme état social

À l'opposé, l'orientation réformiste radicale[2] que nous préconisons unifie la critique du capitalisme. En matière économique comme sociétale, la liberté individuelle ne s'actualise que par des institutions qui l'accordent à un ordre social solidaire. «  Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime, c'est la loi qui affranchit. » Les « libertés » s'épuisent dans la loi de la jungle si elles ne sont pas possibilisées  par une construction sociale préalable.

En écrivant ces lignes, j'ai conscience de prendre à rebrousse-poil la culture établie « de gauche ». Il ne s'agit pourtant pas d'opposer un antilibéralisme sommaire à l'ultralibéralisme ambiant. La liberté individuelle est un acquis de la civilisation, mais qui ce vide autant de son contenu par l'excès que par le manque.

La pleine liberté des puissants réduit celle des autres à une peau de chagrin, comme dans le rapport salarial ; le salarié « libre » est prisonnier du droit de propriété et des conditions macro-économique de l'emploi qui fonctionnent au profit des puissants, c'est un truisme de le rappeler.

Mais l'érosion des rapports de solidarités qui préservent une part de liberté au peuple concoure tout autant à accroître sa vulnérabilité à la domination. C'est encore évident (à gauche) pour ce qui est de la « liberté du travail » opposée aux syndicats ou au droit de grève. Ce l'est moins en matière de solidarité familiale ou nationale, ou de sécurité publique, associées à la « réaction » au nom d'un individualisme cette fois intransigeant. Pourtant la famille demeure un cadre privilégié d'entraide et de soutien pour ceux qui sont dépourvu des moyens économiques de faire face seuls aux aléas de l'existence. La Nation reste le cadre indépassé de la loi en général, des règles et conventions qui brident la toute puissance du Capital. Et ce sont en premier lieu des salariés qui sont victimes de l' »insécurité » - euphémisme pour désigner la tendance de franges désocialisées de la population à compenser par la prédation de voisinage leur exclusion socio-économique.

Je récuse le présupposé « harmoniste » qui voudrait que la liberté individuelle laissée à elle-même converge spontanément vers un ordre social favorable à tous. La véritable liberté est celle qui s'exerce effectivement, grâce à des conditions matérielles et institutionnelles. Conditions de la liberté, ces dernières semblent a priori la brider. D'où la délectation des ennemis de la liberté qui peuvent faire passer la destruction de la liberté réelle pour le summum des libertés formelles.

Mais la présente analyse est beaucoup plus « tolérante » que celle des tenants des « libérations » multiples, beaucoup plus égalitariste que celle des excités des minima sociaux. Elle récuse la posture morale qui consiste à proclamer de soi-disant « droits » sans se préoccuper de leur effectivité et de leurs conséquences. Elle considère la liberté comme un état social, comme une « éthique de responsabilité » et non « de conviction ».

II.            Quelques suggestions pour renouer avec le peuple

Sortir de l'ultralibéralisme sociétal

Défendre la famille n'est pas défendre une forme historique révolue de celle-ci, mais la préservation / reconstitution de réseaux de solidarité et d'échanges affectifs à partit de rapports de filiation et d'alliance. Elle arrête les effets de la pauvreté économique, des atteintes de l'âge ou des handicaps sociaux et individuels en protégeant chacun par son statut (parent, enfant, germain, etc.). Elle constitue des contraintes sévères pour stabiliser ces rapports, mais en contrepartie permet à chacun d'exercer sa liberté dans les autres domaines[3] (pour plus de développements, suivre ce lien).

La Nation représente la conscience collective et les institutions sans lesquelles la loi ne peut tout simplement pas se former ni s'exercer. Ce n'est pas un hasard si la mondialisation s'accompagne de dumping social et de précarisation généralisée. L'espace mondialisé est préservé de la pression populaire : grèves et actions syndicales restent confinées au plan national, les élections se limitent également à l'échelon national et c'est dans son cadre que s'appliquent les lois, que s'organisent les institutions qui protègent la société contre le totalitarisme marchand[4].

Le refus de toute politique d'immigration - l'ultralibéralisme migratoire - revient à se complaire dans la constitution permanente d'un sous-prolétariat associé à une petite délinquance endémique, compromettant en premier lieu les conditions d'intégration des immigrants et opérant une concurrence désastreuse sur les salaires en général. Le principe abstrait de la « libre circulation des personnes » aboutit à dégrader le rapport de force social au détriment du prolétariat et à pérenniser la misère des nouveaux arrivants.  En revanche, un flux migratoire à long terme peut-être géré dans des conditions satisfaisantes en fonction des capacités d'absorption en termes d'emploi, de logement et de scolarisation. C'est par son refus de l'ultralibéralisme migratoire qu'une politique d'accueil  ne se détruit pas elle-même. C'est aussi ainsi qu'elle ne dressera pas contre elle une partie du prolétariat promis à subir les effets pervers d'un laisser-faire intégral et unifiera le salariat.

Enfin prendre au sérieux la question de la « sécurité » c'est d'abord prendre en compte les conditions d'existence réelles d'une grande partie de la population. Peu importe au demeurant que l' « insécurité » soit « objectivement » en expansion ou pas, comme en discutent doctement certains sociologues. Le fait est qu'incivilités, chapardages, petites agressions, affectent bel et bien des millions de personnes. Certains quartiers et établissements scolaires sont fuis par tous ceux qui le peuvent. « La Droite » en fait certes son miel électoral - simple image renversée de la paralysie idéologique de ses adversaires sur cette question. Ces derniers s'enferment dans une opposition stérile entre « prévention » et « répression » - deux approches évidemment complémentaires à partir du moment où l'on admet que la protection de toute la population (et non pas seulement de certaines entreprises et des beaux quartiers) fait partie de la lutte contre le tout-au-marché (lotissements barricadés, gardiennage et alarmes généralisés pour les nantis plutôt qu'un service public de police pour tous).

Dépasser le compassionalisme

Le discours de gauche se focalise sur les plus démunis. Or c'est glisser d'une revendication politique sur la condition salariale dans son ensemble à un accompagnement compassionnel des dégâts du néolibéralisme. Là encore, tout est dans l'excès. La sensibilité au sort des « exclus » est évidemment légitime, mais elle ne constitue pas un projet politique. Pire, dès lors qu'elle évince tout programme de sécurisation du salariat dans son ensemble, elle s'apparente à un leurre au service de la politique néolibérale - critique qui s'adresse bien entendu au PS mais surtout à une grande partie de l'extrême gauche dont l'apparente « radicalité » ne tient qu'à la surenchère dans ce domaine.

L'obsession des minima sociaux revient à abandonner la majorité des salariés sous prétexte de concentrer l'effort sur « les plus démunis ». Nous avons montré par ailleurs que l'assistanat (RMI, allocations-logement ...) renforce la division entre le salariat et une catégorie poussée à la fraude et au travail clandestin. Ce dernier opère une concurrence perverse vis-à-vis du salariat en général, contribuant à la dépression salariale. L'ultralibéralisme intégral remet en cause l'exigence culturelle du droit à l'existence, le compassionalisme en corrige les effets à la marge et au détriment du salariat. Nous avons développé ailleurs (suivre ce lien) quelques idées pour une politique alternative : revenu d'existence, réforme des prélèvements sociaux, correction du « marché fou » du logement et surtout exigence du plein emploi.

L'écrasement de  la hiérarchie des salaires par des revendications concentrées sur les plus faibles d'entre eux (par exemple, les augmentations du seul SMIC, ou des revendications telles que  « 300 € pour tous », par opposition à une indexation en %) désolidarise les « classes moyennes » du reste des salariés[5], tout en épargnant les plus hauts revenus[6]. L'uniformisation des hausses de salaires évacue la nécessaire indexation sur les gains de productivité qui romprait avec la politique ultralibérale, anticipant sur l'élargissement des débouchés, et unifierait les revendications.

Le « droit au logement » est une revendication nécessaire à condition de constituer un véritable droit et non un passe-droit compassionnel de plus pour les « plus démunis ». Multiplier les HLM ou les occupations sauvages ne traite pas le problème au fond et, en l'état, évince encore la majorité des salariés pressurés par la spéculation immobilière sans pour autant être encore tombés dans le « mal-logement ».  Construction, plafonnement des prix immobiliers et des loyers, incitation financière forte à louer les logements vacants constituerait une politique autrement plus radicale que le logement d'urgence au coup par coup d'une poignée de victimes.

III.            Sortir de l'impasse : repenser la résistance sociale

Sortir de l'ultralibéralisme sociétal et du compassionalisme, c'est aussi revenir à une analyse de classe des contradictions des sociétés capitalistes contemporaines. La référence de Marx au prolétariat ne visait pas à se lamenter sur les plus démunis, mais à mettre en évidence un conflit de classe et une dynamique sociale propre à nos sociétés. Ce conflit demeure le cœur des enjeux politiques contemporains. La restauration d'un rapport de forces et d'institutions plus favorables au prolétariat moderne - la masse des salariés - suppose plus que jamais la construction de son unité autour d'un projet commun. Or l'ultralibéralisme, le compassionalisme ou dans un autre registre le communautarisme reviennent à organiser les conflits subalternes - entre hommes et femmes, salariés stables et exclus, bas et « hauts » salaires, « français » et « immigrés », etc. - au détriment des questions massives qui unifient : sécurité sociale, indexation des salaires, plein emploi, transformation du système financier...

Le capitalisme sauvage déstabilise, désocialise, paupérise, la masse des salariés et non les seuls « exclus ». L'ambition du politique doit être d'instrumentaliser le capitalisme au profit d'un choix démocratique, et de « réencastrer » l'économie dans la société en préservant des contrepoids à l'ordre marchand, tels la famille, le voisinage, les associations, etc.

Cette orientation répond au sentiment spontané de frustration de l'ensemble des catégories populaires, dont l'inquiétude de la précarité économique rejoint celle de l'insécurité ou de l'instabilité familiale. D'où le malaise viscéral qui éloigne la majorité du peuple de l'élitisme moral de l' « extrême-gauche » et forme le socle électoral du FN ou de Sarkozy. La pensée de cette extrême-gauche s'avère aussi minorisante qu'incohérente.

Mais la solidité de cette constellation idéologique ne doit pas être surestimée. Elle se survit dans une certaine petite bourgeoisie intellectuelle sur-représentée dans les appareils des organisations, et se nourrit des passerelles qu'elle ouvre vers le conformisme conservateur.  Mais elle n'imprègne que superficiellement la plupart des militants, en contact avec les contradictions du réel et probablement disponibles pour d'autres orientations.

Un enjeu décisif pour la construction d'une alternative politique est donc le dépassement de cette idéologie demi-bourgeoise et la capacité à s'adresser à la masse du peuple : salariés, cadres intermédiaires, petits entrepreneurs, dont les intérêts convergeraient vers un projet raisonné d'endiguement du capitalisme. C'est en tout cas la base sociologique d'un rassemblement électoralement majoritaire.

 



[1] L'exigence d'une supervision sociale des activités économiques peut être nommée « interventionnisme », « dirigisme », « socialisme », « planisme »... Autant de termes imbriqués dans leur époque et la culture politique de leurs partisans. « Souverainisme économique » présente l'avantage d'échapper à ces connotations.

[2] Réforme ou Révolution ? Encore un faux débat qui fait les délices de certains militants de gauche. Cette opposition semblait faire sens en 1920, quand s'opposaient une stratégie de conquête graduelle de droits sociaux et un autre, d'instauration d'un état soviétique. Mais cette dernière option n'est plus défendue sérieusement par personne, et surtout l'histoire nous apprend que les voies du changement sont affaire de conditions concrètes, pas d'a-priori programmatiques. Les changements dans la France de 1945 n'ont pas suivi la même voie que dans la Suède social-démocrate, qu'à Cuba, ni qu'au Venezuela de Chavez. En l'état actuel de la lutte politique en France, la voie syndicale et électorale s'impose (et il vaudrait mieux qu'il continue à en être ainsi...).

La Révolution signifierait-elle alors une rupture plus radicale avec l'ordre social existant ? La discussion devrait alors porter sur les contours de la société nouvelle à construire. Or les programmes d'extrême-gauche sont pour le moins évasifs sur cette question !

[3] À l'inverse, l'anomie familiale démultiplie la liberté des privilégiés (par leur capital économique ou leur charme) mais laisse sans recours les autres. C'est ce que préfigure le cumul des handicaps que retracent les statistiques : pauvreté économique et isolement familial se renforcent au lieu de se compenser.

[4] On peut imaginer que ces attributs de la Nation s'étendent à un groupe de Nations, constituant de facto une Nation plus étendue. Mais une telle hypothèse n'est pas un argument pour récuser en attendant les Nations réellement existantes. Telle est la démarche des partisans de l'Union Européenne : détruire les Nations au nom d'une Méta-Nation à venir - ce qui revient inéluctablement à généraliser l'ultralibéralisme économique, seule forme de « cohésion » entre les pays membres.

[5] La « bonne » hiérarchie des salaires est une question ouverte, mais son écrasement (à part pour les 1 % indécents) n'est pas la priorité. L'impôt progressif sur le revenu ou l'ouverture de négociations dans les entreprises sur la grille des rémunérations sont des solutions autrement plus efficaces et moins diviseuses.

[6] L'explosion des inégalités provient de la redistribution des profits dans la technostructure et non de la hiérarchie d'ensemble des salaires (statistiquement, ce sont les 1 % des plus hauts revenus qui font exploser les inégalités, pas les « hauts » salaires liés à l'ancienneté et à la qualification).

 

 

22:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Vos idées sont parfois intéressantes. Il faut chercher à être majoritaire un jour. Mais si la gauche se droitise sur les question sociales, pourra-t-elle encore se rassembler ?car sans rassemblement, aucune chance de gagner et même d'attirer les électeurs de droite. Rappelez-vous Chevènement.

Écrit par : Araveug | 09 mars 2009

Ce que vous écrivez est pertinent. Rassembler "son camp"sur une affirmation identitaire / élargir ensuite à d'autres sensibilités pour constituer une majorité au 2nd tour : c'est effectivement un impératif pour tout parti de gouvernement.
Mais l'objet de cet article, et de ce blog en général, n'est pas la tactique électorale. Ce n'est pas de cela que je parlais, mais des racines d'un mouvement populaire, de l'identité même d'une "gauche" viable. Assumer les revendications populaires en matière de logement, de sécurité ou de soutien à la famille n'est pas une question de "ruse" électorale, mais de ressourcement fondamental des partis qui prétendent incarner ce mouvement populaire. Évidemment, cela suppose au préalable de "casser" la petite union sacrée entre le gauchisme verbal et le libéralisme radical. Mais ce sont eux qui font le grand écart entre des approches incompatibles, pas moi ! Pour reconstruire une "gauche", il faudra d'abord passer au tamis les gauchistes libéraux pour faire le tri entre les militants enfumés par la pensée unique et ceux pour qui la Révolution n'est qu'une coquetterie de jeunesse avant de rejoindre le mainstreem.
Comme nous venons de très loin, que la confusion idéologique est à son comble, ce ne sera ni facile ni rapide ! J'essaie à mon modeste niveau de poser quelques jalons en ce sens.

Écrit par : J. Halpern | 10 mars 2009

La famille, La Nation, la Sécurité. Voila la gauche efficace.

Au passage, les nazis etaient de droite certe, mais national-SOCIALISTE, et pas national-LIBERAL.

L'europe Liberale se construit sur les ruines du social-nationalisme, c'est un fait historique.

Monsieur Joël Halpern, ne recommencons pas les meme erreurs.


Un Peuple, une nation, un guide ?
Non merci, plus jamais ca.

Écrit par : Giant CuckCoo | 21 mars 2009

""En revanche, un flux migratoire à long terme peut-être géré dans des conditions satisfaisantes en fonction des capacités d'absorption en termes d'emploi, de logement et de scolarisation.""

Bonjour,

Ma question porte sur trois points:

1//la décision
sur ces capacités d'absorption : comment et qui les determine ?

2// les moyens
Par ailleurs, Cette notion de "capacité" n'est pas non plus une donnée qui s'impose à nous, citoyens. Elle me semble aussi dépendante des moyens que nous lui attribuons (nombre d'instits recrutés, nombre de logements construits, etc.)

==> Quels moyens doivent donc etre attribués, selon vous, à ces capacités d'acceuil ?

3// un couts.

La question des moyens à accorder ouvre inévitablement sur celle du cout de ces politiques. Si on va jeter un oeil sur wikipedia, on observe que l'article consacré à l'immigration donne l'illustration de plusieurs études -qui me semblent largement sujettes à caution- calculant le "cout" de l'immigration.

==> quel est le "cout"/ effort de solidarité juste, selon vous ? Comme disait Rocard, la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais doit en assumer sa part: quelle est cette part ?



Merci d'avance pour les précisions.

Écrit par : Babelsberg | 29 mars 2009

Comme vous le précisez, notre "capacité d'absorption" doit résulter d'un choix politique et non, comme c'est le cas depuis trente ans, des "coups d'accordéon" de politique tantôt laxistes, tantôt répressives, mais jamais programmées ni assumées.
Cette "capacité" est délicate à chiffrer, ce qui demanderait une quantification plus précise des besoins en logement, enseignants, etc. Pour fixer une ordre de grandeur, pour 800 000 naissances en France métropolitaine, il semblerait raisonnable d'envisager un solde migratoire de 200 ou 300 000 personnes par an (actuellement : 75 000 environ). Ce qui signifie fixer des conditions pour gérer ce flux, peut-être des quotas par nationalité,avec priorité à la francophonie. Je suis hostile évidemment à la politique de "drainage des cerveaux" de l'actuel gouvernement : il ne s'agit pas de dépouiller les pays pauvres de leur diplômés(dont nous n'aurions d'ailleurs nul besoin particulier sous réserve de rationaliser un peu notre propre système de formation). Ne nous voilons pas les yeux, quel que soit le niveau du flux que nous nous fixerions, il resterait inférieur à la poussée migratoire spontanée. Élargir et moraliser la politique migratoire ne nous dispensera pas de refouler l'immigration clandestine, même si la refonte du système de protection sociale pourrait en enrayer la pompe aspirante.
A partir de là, ce seraient aux choix budgétaires de suivre : cet accueil a certes un "coût" mais je préfèrerais parler "avance", car le travail des migrants participera à notre prospérité commune. Et les liens créés par les migrations préparent de fructueuses collaborations internationales.
Une telle politique n'est donc pas seulement "généreuse", elle consiste aussi à tirer un avantage commun des migrations internationales qui s'amplifieront vraisemblablement encore dans les années à venir.
Concernant l'emploi, une politique plus ouverte d'immigration n'est bien sûr concevable que couplée à une véritable politique macroéconomique de croissance et d'emploi, que j'évoque dans d'autres articles de ce blog. Mais par lui même, un tel flux faciliterait l'insertion de la population déjà en place, et lui ouvrirait de nouvelles perspectives d'ascension sociale.
J'espère avoir répondu à vos questions...

Écrit par : J. Halpern | 29 mars 2009

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