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09 octobre 2011

LE PLEIN EMPLOI, POINT AVEUGLE DE 2012 ?

 

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Une campagne électorale en dit long sur ce dont elle ne parle pas. Les discours des candidats balisent le champ des discussions, dessinent ce qui sera tenu pour « important » et répété en boucle dans les medias. Bref, on parlera de sécurité, de l’école, de fiscalité… pas très sérieusement d’ailleurs puisque les candidats « sérieux » s’accordent sur la meilleure façon de s’adapter aux politiques de purges soi-disant exigées par le surendettement.

Or cette purge a commencé, un « modèle grec » en quelque sorte, nouveau paradigme du presse-citron social et de l’anorexie économique.

L’objet de cet article n’est pas de m’étendre davantage sur le blocage du jeu politique mais sur la nature d’un nouvel agenda, qui remettrait au premier plan la question clé du plein emploi – soigneusement évitée par les gens « sérieux ».

Un rappel préalable de la restauration de la souveraineté économique, car on ne saurait trop répéter qu’à défaut tout le reste ne serait que bavardage sans conséquence. Si les échanges de marchandises sont libres dans une même zone monétaire, et que les politiques salariales, sociales et fiscales sont indépendantes, le pays « moins disant » dégage mécaniquement des excédents commerciaux qui se traduisent, pour les pays déficitaires, par une combinaison de chômage de masse et d’endettement. La course à la compétitivité comprime les salaires, et reporte le besoin de pouvoir d’achat sur l’endettement. C’est précisément ce qui s’est produit en Europe, le bloc germanique accumulant les excédents commerciaux tandis que l’Europe du Sud et l’Irlande développaient un déficit chronique. La sortie de la nasse européenne est bien entendu la condition première pour rompre la concurrence perverse vers le moins disant social.

 

 

Mais cette souveraineté  n’aurait de sens qu’utilisée pour résoudre rapidement le cancer du sous-emploi : Créer le cadre institutionnel d’une dynamique vertueuse de la production et des revenus (I)  et engager une réforme d’ensemble de la protection sociale, ce qui constitue, me semble-t-il, la partie la moins explorée des projets de réforme économique (II).

 

 

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15:31 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9)

Commentaires

J'ai entendu hier à la radio un "ponte" quelconque affirmer que la "solidarité" (c'est à dire pour lui, ne pas laisser mourir de faim les gens trop vieux, victimes d'un accident grave, etc) n'est possible qu'en relation avec la croissance, que s'il y a une croissance forte. Pourquoi, si la production se maintient, n'y aurait-il pas les moyens de la "solidarité" ?
Pour ma part, je suis pour distinguer la réalité qui nous fait regarder un horizon assez proche, et la transition, parce que proche, ce n'est pas : juste ici et maintenant.
Cet horizon, c'est qu'il n'est ni possible ni souhaitable qu'il y ait indéfiniment croissance. Je suis donc pour considérer comme fatal une croissance asymptotiquement nulle et même un certain genre de décroissance.
Deuxièmement, l'automatisation qui progresse sans cesse et le travail donc "déjà fait" (mort) toujours plus important devant le travail "qu'il faut faire" (vivant) sont des faits qui imposent de considérer le "plein emploi" comme un plein emploi avec un nombre d'heures forcement décroissant. Il est probablement temps d'arrêter de bavasser sur "les nouveaux besoins, les nouveaux services, qui ne cessent de créer de nouveaux emplois" (besoins comblés par les révolutions de Steve Jobs ?).
Toute autre perspective me parait mensongère et basée sur la conviction néfaste d'un développement parasitaire illimité. Le plein emploi peut aussi signifier concrêtement qu'on se satisfasse d'un revenu minimal d'existence et d'un temps de travail marginal.

En dehors de cet horizon, je suis bien d'accord qu'il s'agit de parler de TRANSITION, et dans ce sens, je te rejoins sur la nécessité de réindustrialiser notre Pays, la nécessité d'un certain protectionnisme et celle d'un resaisissement de la souveraineté nationale.

Mais je crois qu'il faut prendre des précautions quand on parle de "plein emploi".
Même en Chine, même avec des 6 ou 7% de "croissance", nous ne verrons plus jamais de "plein emploi" au sens des années européennes 50 et 60. Et c'est très bien ainsi.

Écrit par : Boudine | 09 octobre 2011

"Je suis donc pour considérer comme fatal une croissance asymptotiquement nulle et même un certain genre de décroissance."

Je ne vois pas ce qui fonde cette certitude ; même en cas de crise profonde au niveau des matières premières (dont je ne suis pas convaincu de la fatalité)il demeurerait une croissance tirée par les technologies de substitution, les services ou l'"économie de l'immatériel".

Par ailleurs le nombre d'heures de travail n'est pas "forcément décroissant" (même si je pense souhaitable qu'il le soit à long terme), les besoins sont encore extensible et pas forcément "superflus" (plus de logements, de meilleurs médicaments, des équipements moins polluants, une alimentation plus saine...).

"Le plein emploi peut aussi signifier concrêtement qu'on se satisfasse d'un revenu minimal d'existence et d'un temps de travail marginal."
D'accord, mais nous n'en sommes pas là...

"nous ne verrons plus jamais de "plein emploi" au sens des années européennes 50 et 60."

Je ne sais pas ce que tu entends par là... Le plein emploi c'est que tous ceux qui veulent s'employer dans les conditions normales de l'époque puissent le faire. Si nous menons une politique adaptée, nous le verrons - dans d'autres conditions de travail que les années 60 heureusement.

Écrit par : J. Halpern | 09 octobre 2011

Bonjour,

Je dois être fatigué, mais j'avoue ne rien comprendre à votre proposition pour rétablir le plein emploi. Du moins je pense comprendre la première partie de l'énoncé :
"dispenser de tout impôt ou prélèvement la part du salaire brut équivalente au salaire minimum. "
Qui veut dire, si je ne me trompe, que mon employeur n'aura plus à payer l'équivalent du salaire minimum légal en cotisation sociale sur mon salaire brut. Ce qui équivaut à une baisse du salaire brut pour un salaire net constant.

La deuxième partie de l'énoncé est déjà plus obscure :
"Et à cela on ajouterait un forfait par emploi déduit du montant des prélèvements."
Un forfait par nouvelle embauche ? Déduit de l'ensemble des cotisations sociales ? Plafonné ou non ?
Je dois dire que les exemples qui suivent ne m'ont pas aider à y voir plus clair...
Dommage pour une proposition qui dans l'esprit m'a l'air stimulante et novatrice !

Cordialement

Écrit par : Max | 10 octobre 2011

Désolé si je n'ai pas été clair. Le premier point, comme vous l'avez compris revient à retirer de l'assiette des prélèvements 1300 euros par emploi. Le second serait de "subventionner" chaque emploi de 500 euros sous forme de crédit d'impôt (où d'impôt négatif). L'idée étant que ces 500 euros correspondent à un revenu minimum dû à tous que l’État "rembourserait" à l'entreprise. Le résultat serait une baisse massive du coût relatif du travail sans baisse du pouvoir d'achat ni de la protection sociale.

"Un forfait par nouvelle embauche ?" Non, pour TOUT emploi, sinon ce serait encourager l'instabilité de l'emploi.
"Déduit de l'ensemble des cotisations sociales ?" Oui, évidemment.
"Plafonné ou non ?" Non plafonné :les meilleurs systèmes sont les plus simples et les moins susceptibles de fraudes ou d'effets de seuils. Il vaut mieux redistribuer 500 euros à quelques gens qui n'en ont nul besoin que de s'échiner à déterminer les ayant-droits, traquer les fraudeurs et répondre aux frustrés...

Écrit par : J. Halpern | 11 octobre 2011

Bonjour,

mon propos était de savoir si j'avais comme interlocuteur un FN démago ou une personne assayant enfin de réfléchir et de faire des propositions.

Je ne suis pas prof d'économie, mais ancien prof d'histoire ( avec une formation Bac B et un Bac +2 Organisation et Gestion des entreprises option compta ).

J'avais jusqu'en 2008 une Entreprise de Terrassement qu'il m'a fallu cesser suite à l'arrivée d'une maladie auto-immune. J'avais également une petite exploitation agricole en parralèle : Tabac et Maïs semence.

Pour la variété de tabac produite sur l'exploitation, l'acheteur Suédois a décidé de délocaliser en Afrique à cause des couts de prod ici...! A mon avis il lui fallait plus de marge et donc de bénéf pour satisfaire ses actionnaires .

Pour le Maïs semences idem, le semencier délocalise vers les pays de l'Est car il vendrait moins de semence en France et plus à l'Est...?! Donc baisse des surfaces de - 35% en deux ans.

Toutes les excuses sont bonnes !

Malade et avec un exploitation trop petite et peu rentable je recherche donc du travail.
Mais à 50 ans et dans le contexte actuel c'est pas gagné ! Impossible de créer une activité nouvelle et adaptée à ma santé car je ne peu plus prétendre à des prêts pour raison de santé au dire des banques !

Tout celà juste pour me situer.

Votre discours colle avec ma pensée. Au lieu de renflouer les banques après 2008, j'aurrais "renfloué" les ménages disposant de - de 1500 euro net par personne avec une attribution de 500 euro par mois et par personne au foyer ( donc 1000 euro par mois pour 2 enfants et 1000 euro pour les parents ) .
Avec des mesures telles que :
- interdiction de placer cet argent
- utilisation dans le batiment
- équipement ménagers, voitures...etc
Et ce par édition de monnaie, évidement avec l'euro, obligation que tous les pays d'europe fassent de même.
Le reste du Monde aurrait eu avantage à faire de même pour éviter la "dévaluation compétitive" de l'euro.

Beaucoup de mesures contraires à la logique néolibérale de Bruxelle en accompagnement ( contingentement des importations, règles qualitatives...etc ).

Mais bon je ne maitrise pas les règles et principes économiques...!

Pensez vous qu'il soit indispenssable de sortir de l'euro ?
Une véritable unification réglementaire ( sociale, fiscale ) des pays d'europe pourrais nous permettre de conserver l'euro, avec une capacité de la BCE à créer de la monnaie pour conserver la capacité de consommation des ménages liée ne serait-ce qu'a l'arrivée de nouveaux produits et besoins sur le marché ?

( il me semble que cette création de nouveaux produits étant plus rapide que la disparition de produits ou services obsolètes nécessite un accroissement de la capacité de consommation, donc de la masse de monnaie en circulation , sinon le consommateur doit faire des arbitrages et forcemment ça fait de la casse...si je puis m'exprimer ainsi .)

Est-il juste de penser que la consommation globale, donc la croissance, est intimement liée à la masse globale de monnaie en circulation ( je parle de circulation " active" en excluant la masse de monnaie immobilisé pour diverses raisons )?

Il me parrait de même évident, sauf complot pour raviner les salaires, qu'une régulation des échanges est logique est indispensable pour contrer la gloutonnerie des rentiers.

De toute manière à terme cette statégie serait une idiotie car elle conduirait à une révolte par les extrêmes ou au final à un arret de la consommation et donc la fin de toute activité. A ma connaissance un robot n'a que peu de besoins !
Il n'est pas utile d'avoir fait l'ENA ou HEC pour s'en convaincre !

Pour ce qui est de l'immigration, elle a toujours existé. Les grecs ( encore eux ) on créé Marseille et bien d'autres villes, les mouvements migratoires ne sont pas malsains tant qu'il ne visent pas à s'emparer d'un territoire ou à profiter à bon compte des " avantages sociaux" des certains pays et à terme de conduire à leurs difficultés. Mais l'abbus de ces mêmes avantages par les " nationnaux" conduit à la même fin !

Pour ce qui est du fait religieux, je sais que la religion, les hommes d'église, l'illétrisme et l'inculture son responsables d'autants de morts tout au long de l'histoire , que les spéculateurs, les marchands d'armes et le politiciens idéologues obtus !

Il y aurra toujours le risque d'un Loup pour lancer la meute !

Ethologue et cavalier amoureux des chevaux, je sais que l'animal respecte le dominant sage et réserve un jour sa botte à l'inconstant colèrique qu'il craint , à juste titre , mais ne respectera jamais !

Écrit par : D. Montenon | 18 novembre 2011

Pour ce qui est du traitement infligé à la Grèce, il me fait penser à celui infligé à l'Allemagne par des politiciens jusqu'au boutistes en 1920...! On sait où celà nous a conduit ! On ne peut à ce point asfixier un peuple....ou un continent tout entier.

La Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal....!

Je doute fort que l'allemagne accepte de rejoindre le gouffre en essayant de le combler.

Les dettes sont tellement gigantesques qu'il est vain de songer à les combles. Mieux vaudrait les effacer et utiliser l'argent pour relancer la machine, tout le monde aurrait à y gagner . ( Banques, Entreprise et donc Financiers, consommateurs/travailleurs et inverssement )

Searit-il possible, comme je l'ai lu, que l'allemage aurrait signé des accord commerciaux aux USA et en Russie en prévision d'une sortie de l'Euro ?

Pensez-vous qu'ils pourrait leur prendre de sortir sans concertation ?

Certains économistes de renom le laissent entendre.

J'aimerais savoir pour qui voter en 2012 car je n'ai plus confiance en personne !

Merci de me lire et de vos réponses.

Écrit par : D. Montenon | 18 novembre 2011

@ D. Montenon

"mon propos était de savoir si j'avais comme interlocuteur un FN démago ou une personne assayant enfin de réfléchir et de faire des propositions. (...) J'aimerais savoir pour qui voter en 2012 car je n'ai plus confiance en personne !"

L'analyse sociologique ou économique n'a rien à gagner à un engagement direct dans la compétition politique quotidienne. Même si j'ai - bien sûr ! - un positionnement politique, il serait contre-productif que j'en fasse état sur ce blog. Nous vivons une époque de bouleversement qui rebattent les cartes idéologiques et de bonnes décisions viendront peut-être d'où on ne les attend pas.

"Pensez vous qu'il soit indispenssable de sortir de l'euro ?
Une véritable unification réglementaire ( sociale, fiscale ) des pays d'europe pourrais nous permettre de conserver l'euro, avec une capacité de la BCE à créer de la monnaie pour conserver la capacité de consommation des ménages liée ne serait-ce qu'a l'arrivée de nouveaux produits et besoins sur le marché ?"

Un changement radicale de politique de la BCE permettrait en effet de rétablir une circulation monétaire suffisante en Europe, il faudrait qu'en complément les pays les plus riches relancent massivement leur économie pour développer les exportations des plus pauvres : Grèce, Espagne, Portugal... Mais ce scénario est excessivement improbable, ce n'est absolument pas l'intention de l'Allemagne. D'autant qu'à plus long terme, le maintien d'une monnaie unique nécessiterait l'unification des politiques économique, fiscale, de protection sociale, et d'immense transferts de capitaux vers les zones en difficultés. Pour réaliser cela il faudrait une conscience collective, un enthousiasme populaire "européen" totalement hors de portée. Bref les projet fédéralistes sont totalement irréalistes !
Le retour aux monnaies nationales permettrait au contraire des rapports plus apaisés et des coopérations certainement plus efficaces.

"Les dettes sont tellement gigantesques qu'il est vain de songer à les combles. Mieux vaudrait les effacer et utiliser l'argent pour relancer la machine, tout le monde aurrait à y gagner . ( Banques, Entreprise et donc Financiers, consommateurs/travailleurs et inverssement )
Searit-il possible, comme je l'ai lu, que l'allemage aurrait signé des accord commerciaux aux USA et en Russie en prévision d'une sortie de l'Euro ?"

Les dettes qui ne s'appuient pas sur la croissance économique finiront forcément par être insoutenables. Même les créanciers comprennent que les politiques d'austérité augmentent le risque de défaut de paiement ; les politiques européennes actuelles sont suicidaires.
Nous en viendront forcément à une grande purge des dettes, que ce soit par les défauts de paiement, par l'inflation ou par la croissance.
Quant à la sortie de l'Allemagne, c'est une possibilité si ses partenaires cessent d'accepter d'accepter une politique qui détruit leurs économies.

Je vous souhaite bonne chance dans vos difficultés d'emploi. Le resserrement du crédit n'en finit pas de produire des drames humains et de gaspiller les forces productives.

Écrit par : J. Halpern | 19 novembre 2011

Bonjour Joel,
J'aimerai savoir quel peut etre l'impact de la crise de l'euro sur les economies africaines?.merci
Mes Meilleirs voeux 2012.

Écrit par : willy | 29 décembre 2011

Bonsoir Willy, et excellents vœux également pour 2012 !
Concernant ta question : la baisse de l'euro entraînant celle du CFA, cela pourrait être favorable aux exportations - mais renchérir le prix des importations hors-Europe. En dehors de cette question conjoncturelle, je pense que la construction d'économies robuste demandera aux pays africains de se doter de monnaies nationales. mais c'est difficile dans l'immédiat vu la faiblesse des États.

Écrit par : J. Halpern | 30 décembre 2011

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