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13 novembre 2011

LE TIGRE DE PAPIER DE LA FINANCE

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Dans la célèbre parabole de la « main invisible » d’Adam Smith, présentant les vertus du marché, le boucher vend de la bonne viande à ses clients et réalise du même coup le bonheur de ces derniers et le sien propre, puisqu’il gagne d’autant mieux sa vie qu’il aura satisfait les autres.

Si le marché de la viande fonctionnait comme un marché financier, le boucher vendrait de la viande pourrie que ses clients achèteraient avidement pour la revendre plus cher (et toujours plus pourrie) à d’autres opérateurs eux-mêmes à la recherche d’une plus-value future, et non de quelque consommation. La viande parviendrait-elle finalement à un véritable consommateur, ce dernier n’en serait que promis à l’intoxication. Mais il est probable que le boucher n’aurait même pas vendu de la véritable viande, tout au plus la promesse d’en fournir sur les bovins de l’avenir…

Prisonnier du mirage d’une finance toute puissante, les États Européens abdiquent les uns après les autres ce qui leur restait de souveraineté pour communier dans la mortification annoncée par les interprètes des « marchés ». Pourtant, rien d’autre que la peur ne nous y oblige :

Du jour où la banque de France prendrait en charge le service de la dette de l'État par émission d’euros ou de francs, le problème de la dette publique aurait disparu. Du jour où l'État interdirait les opérations spéculatives et restaurerait le contrôle aux frontières des mouvements de capitaux, le cauchemar se dissiperait.

Politiciens, journalistes et « spécialistes » du petit écran se renvoient l’ectoplasme des « marchés financiers » ; à force de répétition il s’empare des esprits ; nul ne se hasarde à tester sa consistance comme dans ces romans de science-fiction où un hologramme suffit à interdire l’entrée d’une salle secrète par la seule terreur qu’il inspire.

La finance est un tigre de papier, un système institutionnel construit au travers des vicissitudes de l’histoire dont la puissance et les vertus n’existent que dans l’imagination de nos élites. S’en libérer n’est qu’une question de lucidité et de courage politique.

Inefficiente et destructrice (I), la finance ne s’est formée que sur la faiblesse politique des États (II) ; la Crise présente révèle sa nuisance (III) et crée une (dernière ?) occasion historique d’échapper au déclin de l’Europe (IV).


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17:33 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

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