Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28 mai 2012

L'antimodèle allemand

Après des mois d’odes à la rigueur, et devant la dépression qui n’en est que la conséquence logique et prévue, les dirigeants européens – à l’exception d’A. Merkel - entonnent désormais le refrain de la relance dans le sillage des promesses électorales de F. Hollande. Comme l’ancien discours n’a pas pour autant été récusé, il en résulte des figures de style assez paradoxales comme  le « nouveau pacte qui alliera la réduction nécessaire des dettes publiques avec l'indispensable stimulation de l'économie » (discours d’investiture de F. Hollande).

L’Allemagne toutefois semble peu sensible à cette nouvelle musique si discordante par rapport à la célébration encore toute récente de la « rigueur » qu’elle incarnerait. C’est justement ce « modèle » que nous nous proposons d’éclairer ici, et par la même la difficulté de faire émerger un consensus européen dans la gestion de la monnaie unique.

Texte complet : cliquez ici

I.             Des indicateurs économiques flatteurs 

A.        La résistance industrielle.

B.        La robustesse financière.

II.        Les limites du « modèle ».

A.        La fragilité des performances industrielles.

B.        Des conditions démographiques spécifiques.

C.        Stagnation des salaires et pauvreté grandissante.

III.       Impasse allemande, dislocation européenne.

A.        Le passager clandestin de l’Europe.

B.        Des réformes à contre sens.

C.        La destruction de la Zone Euro.

 

On se souvient qu’en 1990, le Président de la Bundesbank, Karl Otto Poehl, avait dû manger le chapeau de l’orthodoxie monétaire pour convertir les marks de l’ex RDA en marks de l’Allemagne unifiée. Mais l’Europe représente-t-elle pour l’Allemagne une « raison d’État » comparable à la réunification ? D’autant que la dynamique d’une telle opération est extrêmement incertaine. Il faudrait relancer l’économie des pays sinistrés par les exportations – donc par des importations allemandes – en d’autres termes inverser le sens des transferts à l’œuvre depuis les débuts de l’Union Monétaire : l’inflation soulagerait les pays surendettés mais spolierait les rentiers allemands et une forte augmentation des fonds structurels européens (financés en premier lieu par l’Allemagne !) devrait venir harmoniser les infrastructures de la zone.

Et rien ne garantit que les écarts de compétitivité se réduiraient pour autant, puisque les causes structurelles d’inflation demeureraient plus fortes en Europe du Sud qu’en Allemagne.

Si l’on complète ces considérations par l’hypothèse vraisemblable que la majorité des élites allemandes ne comprennent pas les contradictions de leur mode de développement et restent convaincues que les excédents commerciaux sont la juste récompense d’une saine gestion, l’on ne peut qu’être très dubitatif sur les chances d’une relance par le haut du fédéralisme européen.

Texte complet : cliquez ici

23:29 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Cher Monsieur,

Votre blog est intéressant, vos idées très personnelles, et c'est tant mieux.
S'il y a un point sur lequel je ne suis pas d'accord c'est vis-à-vis de ceux qui rendent l'Euro responsable de tous les maux.
Je pense que le principe de l'Euro est une bonne chose : c'est une monnaie commune à un grand ensemble qui remplace les luttes monétaires entre Etats européens et la spéculation effrénée qui n'a jamais servi que la finance au détriment des projets économiques et industriels durables.

Je pense aussi que le retour aux changes flottants serait une très mauvaise chose : il ne peut que déstabiliser le commerce mondial. Les taux de change flottants sont un blanc seing pour la mauvaise gestion d'un Etat. Ses entreprises ne sont plus compétitives ? Rien de plus simple, on dévalue, c'est plus commode, mais on pénalise celui de l'autre côté qui est plus compétitif. Le protectionnisme c'et donc pour se protéger soi-même contre celui qui fait mieux sans nécessairement prendre d'urgence les mesures de rationalisation chez soi.

Il y a évidemment encore beaucoup à dire sur cette construction européenne qui bat de l'aile mais supprimer l'Euro c'est en quelque sorte supprimer une solidarité fragile. Est-il bien nécessaire de vouloir revenir en arrière et retomber dans les errements précédents ?

Ce que je pense : prendre ce qu'il y a, consolider l'édifice (l'Europe a sans doute grandi trop rapidement, c'est une grosse bureaucratie à réformer), non pas en plus grand, mais en mieux. Et surtout ne pas détruire et faire ressurgir les nationalismes qui sommeillent en chaque Etat, en chaque région (nous en savons suffisamment à ce sujet, à nos dépens, en Belgique).

Voici donc un modeste point de vue sur lequel il y a tant à ajouter...

Bien cordialement

Marc Paulis
Bruxelles

Écrit par : Marc Paulis | 06 juillet 2012

Les commentaires sont fermés.