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24 août 2013

L'agonie de l'euro - l'analyse de Kai A.Konrad

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Kai A. Konrad, conseiller en chef du ministre allemand des finances, a accordé au journal Die Welt un entretien passionnant le 17 août dernier. On peut supposer que les déclarations de M. Konrad ont été mûrement pesées et représentent la réflexion d’une partie au moins des dirigeants allemands. Or cet entretien avalise en toute clarté les analyses que nous défendons depuis le débat sur le Traité de Maastricht, au début des années 90. Que le lecteur nous permette de n’avoir pas le triomphe trop modeste, après plus de 20 ans durant lesquels les bienfaits de l’euro occupaient dans la classe politique et médiatique le statut de l’immaculée conception dans le dogme catholique. Les hérétiques que nous fûmes ne peuvent que se féliciter de se retour à un élémentaire réalisme économique, mais la messe n’est pas encore dite : la BCE peut durablement reporter la faillite des banques et le défaut de paiement des États, un Euro-zombie peut se survivre encore des longues années pour le malheur des peuples d’Europe.

La grande valeur de l’entretien ci-dessous c’est qu’elle expose la situation sans langue de bois ni faux semblant, sous la seule réserve de notre point de vue d’un optimisme de commande concernant les perspectives de l’Allemagne hors Zone Euro.

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28 mai 2012

L'antimodèle allemand

Après des mois d’odes à la rigueur, et devant la dépression qui n’en est que la conséquence logique et prévue, les dirigeants européens – à l’exception d’A. Merkel - entonnent désormais le refrain de la relance dans le sillage des promesses électorales de F. Hollande. Comme l’ancien discours n’a pas pour autant été récusé, il en résulte des figures de style assez paradoxales comme  le « nouveau pacte qui alliera la réduction nécessaire des dettes publiques avec l'indispensable stimulation de l'économie » (discours d’investiture de F. Hollande).

L’Allemagne toutefois semble peu sensible à cette nouvelle musique si discordante par rapport à la célébration encore toute récente de la « rigueur » qu’elle incarnerait. C’est justement ce « modèle » que nous nous proposons d’éclairer ici, et par la même la difficulté de faire émerger un consensus européen dans la gestion de la monnaie unique.

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I.             Des indicateurs économiques flatteurs 

A.        La résistance industrielle.

B.        La robustesse financière.

II.        Les limites du « modèle ».

A.        La fragilité des performances industrielles.

B.        Des conditions démographiques spécifiques.

C.        Stagnation des salaires et pauvreté grandissante.

III.       Impasse allemande, dislocation européenne.

A.        Le passager clandestin de l’Europe.

B.        Des réformes à contre sens.

C.        La destruction de la Zone Euro.

 

On se souvient qu’en 1990, le Président de la Bundesbank, Karl Otto Poehl, avait dû manger le chapeau de l’orthodoxie monétaire pour convertir les marks de l’ex RDA en marks de l’Allemagne unifiée. Mais l’Europe représente-t-elle pour l’Allemagne une « raison d’État » comparable à la réunification ? D’autant que la dynamique d’une telle opération est extrêmement incertaine. Il faudrait relancer l’économie des pays sinistrés par les exportations – donc par des importations allemandes – en d’autres termes inverser le sens des transferts à l’œuvre depuis les débuts de l’Union Monétaire : l’inflation soulagerait les pays surendettés mais spolierait les rentiers allemands et une forte augmentation des fonds structurels européens (financés en premier lieu par l’Allemagne !) devrait venir harmoniser les infrastructures de la zone.

Et rien ne garantit que les écarts de compétitivité se réduiraient pour autant, puisque les causes structurelles d’inflation demeureraient plus fortes en Europe du Sud qu’en Allemagne.

Si l’on complète ces considérations par l’hypothèse vraisemblable que la majorité des élites allemandes ne comprennent pas les contradictions de leur mode de développement et restent convaincues que les excédents commerciaux sont la juste récompense d’une saine gestion, l’on ne peut qu’être très dubitatif sur les chances d’une relance par le haut du fédéralisme européen.

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17 mai 2012

Hollande au pied du mur

 

Voici quelques notes pour éclaircir les enjeux d’un changement de personnel politique encore loin de dessiner un changement d’orientation.

Dans un premier temps, je récapitule les derniers développements de la crise financière et montre qu’ils ne laissent guère d’espoir à l’immobilisme. Non seulement la sortie de l’euro est une nécessité vitale pour notre pays, mais elle risque d’être tout particulièrement douloureuse si elle n’est pas anticipée.

Dans un second temps, je passe en revue quelques indicateurs qui reflètent l’ampleur de la crise structurelle de l’économie française, dont les prémisses sont bien antérieures à 2008.

Enfin, je propose un commentaire du discours d’investiture de François Hollande dont l’habileté politique masque mal l’évitement des questions décisives.

 

30 décembre 2011

Alain Beitone et la souveraineté monétaire

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Alain Beitone a signé une tribune dans Le Monde où il dénonce une vulgate économique qui se développerait sur le Net autour de la « loi de 1973 » qui interdisait à la Banque de France de financer directement le Trésor Public http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/29/la-loi-pom... ].

L’intérêt de cet article est qu’il développe des arguments solides et ne se contente pas comme tant d’autres de promettre l’hyperinflation, la peste et le cholera à qui s’écarterait de la « seule politique possible » de l’Union Européenne. A. Beitone est parfaitement conscient des causes et certainement des solutions qu’appelle la « crise de la dette », mais sa critique des « innombrables blogueurs et autres auteurs de tracts » reste stérile : ses arguments sont littéralement justes, mais n’ouvrent pas sur la formulation d’une alternative plus rigoureuse, faute d’aborder la question de fond de l’impuissance consentante de l’Union Européenne.


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20 novembre 2011

Petit apologue de la création monétaire

Une petite video sur le site d'"arrêt sur image" (http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12205) soulève une discussion confuse qui confirme la difficulté à comprendre la place de la monnaie dans notre économie. Cette video serait excellente si elle ne dérapait en affirmant qu'une économie uniquement alimentée par des billets de banque (et plus par le crédit bancaire) ne reposerait plus sur des dettes. En réalité, il faut bien que la monnaie soit injectée dans l'économie, en fonction des opportunités de production future. Le crédit réalise justement cette opération, et même si les banques devaient se le procurer à 100% sous forme de billets pour le reprêter,  la contrepartie de la production et la condition de sa distribution resteraient les flux de crédit et de remboursements.
Toute l'économie moderne est basée sur la circulation des dettes. La crise actuelle ne résulte pas de l'existence de la finance en tant que telle, mais de son déréglement lorsque les Etats ont abandonné leur tâches de régulation.

 

Sans reprendre en détail ces questions, que j'explore en détail dans d'autres articles, voici une petite présentation à vocation pédagogique de la formation de la monnaie moderne :

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13 novembre 2011

LE TIGRE DE PAPIER DE LA FINANCE

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Dans la célèbre parabole de la « main invisible » d’Adam Smith, présentant les vertus du marché, le boucher vend de la bonne viande à ses clients et réalise du même coup le bonheur de ces derniers et le sien propre, puisqu’il gagne d’autant mieux sa vie qu’il aura satisfait les autres.

Si le marché de la viande fonctionnait comme un marché financier, le boucher vendrait de la viande pourrie que ses clients achèteraient avidement pour la revendre plus cher (et toujours plus pourrie) à d’autres opérateurs eux-mêmes à la recherche d’une plus-value future, et non de quelque consommation. La viande parviendrait-elle finalement à un véritable consommateur, ce dernier n’en serait que promis à l’intoxication. Mais il est probable que le boucher n’aurait même pas vendu de la véritable viande, tout au plus la promesse d’en fournir sur les bovins de l’avenir…

Prisonnier du mirage d’une finance toute puissante, les États Européens abdiquent les uns après les autres ce qui leur restait de souveraineté pour communier dans la mortification annoncée par les interprètes des « marchés ». Pourtant, rien d’autre que la peur ne nous y oblige :

Du jour où la banque de France prendrait en charge le service de la dette de l'État par émission d’euros ou de francs, le problème de la dette publique aurait disparu. Du jour où l'État interdirait les opérations spéculatives et restaurerait le contrôle aux frontières des mouvements de capitaux, le cauchemar se dissiperait.

Politiciens, journalistes et « spécialistes » du petit écran se renvoient l’ectoplasme des « marchés financiers » ; à force de répétition il s’empare des esprits ; nul ne se hasarde à tester sa consistance comme dans ces romans de science-fiction où un hologramme suffit à interdire l’entrée d’une salle secrète par la seule terreur qu’il inspire.

La finance est un tigre de papier, un système institutionnel construit au travers des vicissitudes de l’histoire dont la puissance et les vertus n’existent que dans l’imagination de nos élites. S’en libérer n’est qu’une question de lucidité et de courage politique.

Inefficiente et destructrice (I), la finance ne s’est formée que sur la faiblesse politique des États (II) ; la Crise présente révèle sa nuisance (III) et crée une (dernière ?) occasion historique d’échapper au déclin de l’Europe (IV).


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09 octobre 2011

LE PLEIN EMPLOI, POINT AVEUGLE DE 2012 ?

 

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Une campagne électorale en dit long sur ce dont elle ne parle pas. Les discours des candidats balisent le champ des discussions, dessinent ce qui sera tenu pour « important » et répété en boucle dans les medias. Bref, on parlera de sécurité, de l’école, de fiscalité… pas très sérieusement d’ailleurs puisque les candidats « sérieux » s’accordent sur la meilleure façon de s’adapter aux politiques de purges soi-disant exigées par le surendettement.

Or cette purge a commencé, un « modèle grec » en quelque sorte, nouveau paradigme du presse-citron social et de l’anorexie économique.

L’objet de cet article n’est pas de m’étendre davantage sur le blocage du jeu politique mais sur la nature d’un nouvel agenda, qui remettrait au premier plan la question clé du plein emploi – soigneusement évitée par les gens « sérieux ».

Un rappel préalable de la restauration de la souveraineté économique, car on ne saurait trop répéter qu’à défaut tout le reste ne serait que bavardage sans conséquence. Si les échanges de marchandises sont libres dans une même zone monétaire, et que les politiques salariales, sociales et fiscales sont indépendantes, le pays « moins disant » dégage mécaniquement des excédents commerciaux qui se traduisent, pour les pays déficitaires, par une combinaison de chômage de masse et d’endettement. La course à la compétitivité comprime les salaires, et reporte le besoin de pouvoir d’achat sur l’endettement. C’est précisément ce qui s’est produit en Europe, le bloc germanique accumulant les excédents commerciaux tandis que l’Europe du Sud et l’Irlande développaient un déficit chronique. La sortie de la nasse européenne est bien entendu la condition première pour rompre la concurrence perverse vers le moins disant social.

 

 

Mais cette souveraineté  n’aurait de sens qu’utilisée pour résoudre rapidement le cancer du sous-emploi : Créer le cadre institutionnel d’une dynamique vertueuse de la production et des revenus (I)  et engager une réforme d’ensemble de la protection sociale, ce qui constitue, me semble-t-il, la partie la moins explorée des projets de réforme économique (II).

 

 

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24 août 2011

LA RÈGLE DE PLOMB : L’IMPOSSIBLE INTERDICTION DES DÉFICITS PUBLICS

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 La volonté du gouvernement Sarkozy d’imposer au Parlement le vote d’un nouveau principe constitutionnel pour imposer l’équilibre budgétaire prête évidemment à sourire : Selon la formule de Superno, « Sarkozy qui donne des leçons d’équilibre budgétaire, c’est carrément DSK qui donne des leçons de chasteté. ». Le déficit public moyen fut de 5.9 % du PIB en 1993-94, quand il était ministre du budget d’Édouard Balladur, et de 2007 à 2009 ce déficit se montait à 4.5%, la moyenne 1978-2009 n’étant « que » de 3%.

On peut expliquer ce paradoxe comme une manœuvre de plus pour purger le budget des services publics, suivant la stratégie bien connue des néolibéraux pour démanteler l'État-Providence et en redistribuer les reliefs aux grosses entreprises et au secteur financier, via les privatisations, les baisses d’impôts et les intérêts de la dette publique. À l’évidence un tel résultat ne chagrinerait pas nos gouvernants, mais leur schizophrénie présente tient davantage à l’aberration que représente un principe d’équilibre budgétaire en période de crise aigüe. Soyons juste, ni la crise de 1993 ni celle que nous traversons aujourd’hui ne sont de la responsabilité particulière de N. Sarkozy ; le ministre du budget de 1993 et le président actuel se sont simplement abstenu d’aggraver encore le désastre en appliquant la « règle d’or » - nommons la plus justement : règle de plomb -  aujourd’hui annoncée mais, paraît-il, « exigée » par des marchés auxquels l’on prête pour l’occasion une bien improbable conscience.

Les intentions sont des attributs des individus, ou par extension déjà douteuse des organisations. Un « marché » n’est que la résultante d’intentions non coordonnées dont nul ne contrôle le résultat. Donc il n’ « exige » rien, mais ses acteurs sont conscients de l’impasse des politiques en vigueur depuis 30 ans et se débattent pour tirer le meilleur parti financier de l’approfondissement de la crise que tous anticipent. Aujourd’hui affolés par la perte de contrôle de certaines dettes publiques, ces opérateurs le seront tout autant des conséquences des politiques de purge (présentées par antiphrase comme politiques « de rigueur »).

Pourquoi est-il aberrant de prétendre constitutionnaliser l’équilibre budgétaire ?

En premier lieu, parce que c’est antidémocratique. Une constitution a vocation à fixer des règles du jeu, mais pas à figer une politique particulière. De bonnes et de mauvaises raisons justifient que les gouvernements recourent périodiquement à des déficits, mais c’est au peuple de juger ces politiques lors des élections.

Ensuite et surtout, une pareille règle  entrainerait l’irrémédiable tiers-mondisation du pays qui s’aventurerait à l’appliquer. Le recours au déficit ne provient pas d’une gabegie, extraordinairement durable et coordonnée, des gouvernements occidentaux, mais d’une nécessité profonde, occultée par les théories néolibérales établies mais sans cesse réactivée par la pratique même des gouvernements qu’elles inspirent.

Table des matières

 

I.        Théorie et pratiques des déficits publics. 3

A.      Le rôle stabilisateur des déficits. 3

1.       La correction du « cycle des affaires ». 3

2.       Regards sur le déficit de 2008-10. 5

B.       Le poids du service de la dette. 7

C.       Comment les politiques néolibérales créent le déficit. 9

1.       Le fléchissement des recettes publiques. 9

2.       La compression des salaires. 10

II.       Le boomerang de la dette publique. 12

A.      La dynamique de la dette publique. 12

1.       Les effets redistributifs de la dette. 12

2.       La dette est-elle en passe d’échapper à tout contrôle ?. 13

B.       La gestion de la dette face à la spéculation. 14

1.       Les « marchés financiers » risquent-ils de bloquer le refinancement de la dette publique ?  15

2.       Les dilemmes de la gestion de la dette. 15

III.      Politique budgétaire et sortie de crise. 17

A.      Récapitulatif des impasses néolibérales. 17

B.       Le financement direct des déficits par la Banque Centrale est-il inflationniste ?. 18

C.       Quelles politiques budgétaires ?

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