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06 juillet 2012

Dette et croissance : la politique du pire

« Quelques cyniques, ayant suivi le raisonnement jusqu'à ce point concluront que seule une guerre peut mettre fin ne crise majeure [...]. En temps de paix, timides, timorés, hésitants, manquant de persévérance et de détermination, ils pensent qu'un emprunt n'est qu'une dette, et non un moyen de transformer en actifs utiles un surplus de ressources qui autrement serait gaspillé [...].Il ne devrait pas être difficile de comprendre que 100 000 maisons constituent un capital national et 1 million de chômeurs une charge pour la nation »

John Maynard Keynes : « Les moyens de restaurer la prospérité », in : La pauvreté dans l’abondance, Gallimard 2002 p. 185.

 

Le changement de personnel à la tête de l’État en France permet à la politique de purge engagée en 2009 de se poursuivre avec de nouveaux porte-paroles. Le discours de politique générale du Premier Ministre à l’Assemblée nationale, promettant réduction des dépenses et augmentation des impôts, est très exactement le catalogue de ce qu’il ne faut jamais faire en période de crise, la recette qui a ruiné la Grèce et ruine l’Espagne ou l’Italie, comme l’Angleterre dans les années 1920, les États-Unis au début de la crise des années 30 ou encore la plupart des pays d’Amérique Latine dans les années 80.

L’essentiel de la monnaie en circulation est constitué de dettes non encore remboursées. Ce stock augmente chaque année du montant des nouveaux crédits, et diminue de celui des remboursements. Si donc ces nouveaux crédits diminuent, les flux monétaires ne sont plus suffisants pour réaliser l’augmentation du PIB, le remboursement des dettes – ou plus probablement les deux. Répondre à la dépression et au surendettement par la réduction de dépenses publiques et la multiplication des restrictions est le moyen le plus sûr de ruiner une économie sans même de garantie de sécuriser ainsi les créances.

Voici pourquoi.

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17 mai 2012

Hollande au pied du mur

 

Voici quelques notes pour éclaircir les enjeux d’un changement de personnel politique encore loin de dessiner un changement d’orientation.

Dans un premier temps, je récapitule les derniers développements de la crise financière et montre qu’ils ne laissent guère d’espoir à l’immobilisme. Non seulement la sortie de l’euro est une nécessité vitale pour notre pays, mais elle risque d’être tout particulièrement douloureuse si elle n’est pas anticipée.

Dans un second temps, je passe en revue quelques indicateurs qui reflètent l’ampleur de la crise structurelle de l’économie française, dont les prémisses sont bien antérieures à 2008.

Enfin, je propose un commentaire du discours d’investiture de François Hollande dont l’habileté politique masque mal l’évitement des questions décisives.

 

13 novembre 2011

LE TIGRE DE PAPIER DE LA FINANCE

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Dans la célèbre parabole de la « main invisible » d’Adam Smith, présentant les vertus du marché, le boucher vend de la bonne viande à ses clients et réalise du même coup le bonheur de ces derniers et le sien propre, puisqu’il gagne d’autant mieux sa vie qu’il aura satisfait les autres.

Si le marché de la viande fonctionnait comme un marché financier, le boucher vendrait de la viande pourrie que ses clients achèteraient avidement pour la revendre plus cher (et toujours plus pourrie) à d’autres opérateurs eux-mêmes à la recherche d’une plus-value future, et non de quelque consommation. La viande parviendrait-elle finalement à un véritable consommateur, ce dernier n’en serait que promis à l’intoxication. Mais il est probable que le boucher n’aurait même pas vendu de la véritable viande, tout au plus la promesse d’en fournir sur les bovins de l’avenir…

Prisonnier du mirage d’une finance toute puissante, les États Européens abdiquent les uns après les autres ce qui leur restait de souveraineté pour communier dans la mortification annoncée par les interprètes des « marchés ». Pourtant, rien d’autre que la peur ne nous y oblige :

Du jour où la banque de France prendrait en charge le service de la dette de l'État par émission d’euros ou de francs, le problème de la dette publique aurait disparu. Du jour où l'État interdirait les opérations spéculatives et restaurerait le contrôle aux frontières des mouvements de capitaux, le cauchemar se dissiperait.

Politiciens, journalistes et « spécialistes » du petit écran se renvoient l’ectoplasme des « marchés financiers » ; à force de répétition il s’empare des esprits ; nul ne se hasarde à tester sa consistance comme dans ces romans de science-fiction où un hologramme suffit à interdire l’entrée d’une salle secrète par la seule terreur qu’il inspire.

La finance est un tigre de papier, un système institutionnel construit au travers des vicissitudes de l’histoire dont la puissance et les vertus n’existent que dans l’imagination de nos élites. S’en libérer n’est qu’une question de lucidité et de courage politique.

Inefficiente et destructrice (I), la finance ne s’est formée que sur la faiblesse politique des États (II) ; la Crise présente révèle sa nuisance (III) et crée une (dernière ?) occasion historique d’échapper au déclin de l’Europe (IV).


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24 août 2011

LA RÈGLE DE PLOMB : L’IMPOSSIBLE INTERDICTION DES DÉFICITS PUBLICS

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 La volonté du gouvernement Sarkozy d’imposer au Parlement le vote d’un nouveau principe constitutionnel pour imposer l’équilibre budgétaire prête évidemment à sourire : Selon la formule de Superno, « Sarkozy qui donne des leçons d’équilibre budgétaire, c’est carrément DSK qui donne des leçons de chasteté. ». Le déficit public moyen fut de 5.9 % du PIB en 1993-94, quand il était ministre du budget d’Édouard Balladur, et de 2007 à 2009 ce déficit se montait à 4.5%, la moyenne 1978-2009 n’étant « que » de 3%.

On peut expliquer ce paradoxe comme une manœuvre de plus pour purger le budget des services publics, suivant la stratégie bien connue des néolibéraux pour démanteler l'État-Providence et en redistribuer les reliefs aux grosses entreprises et au secteur financier, via les privatisations, les baisses d’impôts et les intérêts de la dette publique. À l’évidence un tel résultat ne chagrinerait pas nos gouvernants, mais leur schizophrénie présente tient davantage à l’aberration que représente un principe d’équilibre budgétaire en période de crise aigüe. Soyons juste, ni la crise de 1993 ni celle que nous traversons aujourd’hui ne sont de la responsabilité particulière de N. Sarkozy ; le ministre du budget de 1993 et le président actuel se sont simplement abstenu d’aggraver encore le désastre en appliquant la « règle d’or » - nommons la plus justement : règle de plomb -  aujourd’hui annoncée mais, paraît-il, « exigée » par des marchés auxquels l’on prête pour l’occasion une bien improbable conscience.

Les intentions sont des attributs des individus, ou par extension déjà douteuse des organisations. Un « marché » n’est que la résultante d’intentions non coordonnées dont nul ne contrôle le résultat. Donc il n’ « exige » rien, mais ses acteurs sont conscients de l’impasse des politiques en vigueur depuis 30 ans et se débattent pour tirer le meilleur parti financier de l’approfondissement de la crise que tous anticipent. Aujourd’hui affolés par la perte de contrôle de certaines dettes publiques, ces opérateurs le seront tout autant des conséquences des politiques de purge (présentées par antiphrase comme politiques « de rigueur »).

Pourquoi est-il aberrant de prétendre constitutionnaliser l’équilibre budgétaire ?

En premier lieu, parce que c’est antidémocratique. Une constitution a vocation à fixer des règles du jeu, mais pas à figer une politique particulière. De bonnes et de mauvaises raisons justifient que les gouvernements recourent périodiquement à des déficits, mais c’est au peuple de juger ces politiques lors des élections.

Ensuite et surtout, une pareille règle  entrainerait l’irrémédiable tiers-mondisation du pays qui s’aventurerait à l’appliquer. Le recours au déficit ne provient pas d’une gabegie, extraordinairement durable et coordonnée, des gouvernements occidentaux, mais d’une nécessité profonde, occultée par les théories néolibérales établies mais sans cesse réactivée par la pratique même des gouvernements qu’elles inspirent.

Table des matières

 

I.        Théorie et pratiques des déficits publics. 3

A.      Le rôle stabilisateur des déficits. 3

1.       La correction du « cycle des affaires ». 3

2.       Regards sur le déficit de 2008-10. 5

B.       Le poids du service de la dette. 7

C.       Comment les politiques néolibérales créent le déficit. 9

1.       Le fléchissement des recettes publiques. 9

2.       La compression des salaires. 10

II.       Le boomerang de la dette publique. 12

A.      La dynamique de la dette publique. 12

1.       Les effets redistributifs de la dette. 12

2.       La dette est-elle en passe d’échapper à tout contrôle ?. 13

B.       La gestion de la dette face à la spéculation. 14

1.       Les « marchés financiers » risquent-ils de bloquer le refinancement de la dette publique ?  15

2.       Les dilemmes de la gestion de la dette. 15

III.      Politique budgétaire et sortie de crise. 17

A.      Récapitulatif des impasses néolibérales. 17

B.       Le financement direct des déficits par la Banque Centrale est-il inflationniste ?. 18

C.       Quelles politiques budgétaires ?

Texte intégral en PDF


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10:34 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3)